Peut-on souffrir à ce point sans jamais se plaindre? Peut-on espérer encore quelque sourire de cette vie lorsqu'on a été écrasé depuis toujours? Je ne comprends pas comment l'on peut avancer dans ces conditions, avec un tel passé, de telles blessures... Aujourd'hui j'ai compris que la force d'une mère vaut toutes les thérapies du monde. Je la regarde et je me dis que jamais je ne serai aussi courageuse qu'elle. Si fière, si digne et toujours présente, elle est obstinée à garder en elle ses souffrances inacceptables. Peut-être qu'un jour elle se dévoilera, peut-être qu'on en saura plus sur ce passé, sur cet homme, sur cette enfance qui n'a pas été ce qu'elle aurait du être. En attendant certaines choses sont désormais plus claires: Rien de ce qu'elle a traversé n'est du au hasard. Alcoolisme, Anorexie, TS, dépression, Border Line, et tout le reste, tout cela j'en suis sure provient de ce ******* de père qui l'a élevée, ou plutôt rabaissée. Il ne paiera jamais puisqu'il est maintenant au bord de la mort. Est-ce cela qu'elle attend? J'aimerais tant qu'elle parle avant la mort de son père. Je ne veux plus jamais revoir ces larmes de rage sur ses joues, son sang qui s'échappe de ses bras, ni toutes ces bouteilles et l'enfer qu'elles sont censées rejeter. Je ne veux plus de ces ambulances, de cet HP, de ces nuits passées dehors à chanter le plus fort possible pour que la petite n'entende rien. Je ne veux plus avoir à la fuir, la coucher, la voir partir. A défaut d'une justice sur cette Terre, je veux juste que si Dieu existe, il comprenne qu'on ne laisse pas souffrir une femme si droite et courageuse.