Nolwenn.

Nolwenn.
17 ans.


BZH.


Un sourire pour des milliards de larmes.

# Postato domenica 27 settembre 2009 03:17

Modificato domenica 27 settembre 2009 04:03

A.N.T.A.R.E.S

Dans une ville où tout s'agite, où tout se croise et tout gargouille, parmi les panneaux publicitaires, les enseignes et les feux tricolores, on oublie trop facilement que les murs qu'on longe, le regard rivé sur le béton, cachent parfois des souffrances honteuses, rangées hors de la société. Levez la tête et observez, coupez la musique et écoutez. Voyez-vous ces grilles là bas derrière les arbres? Voyez-vous ces mômes qui crèvent derrières les verrous?

Non. Nous vivons dans un pays où les marginaux sont etouffés. Ceci n'est pas une métaphore, bien une réalité. Venez faire un tour du côté des écrasés, appuyez sur l'interphone et poussez le portail, avancez dans l'allée, vous trouverez une porte sur laquelle est écrit le joli nom d'une constellation. Douceur illusoire, Antares vous accueille et vous découvrez soudain que votre vie est bien brillante, comparée à cet Enfer aseptisé. Des gosses hurlent au premier étage et l'on vous parle des améliorations toutes nouvelles pour le bien-être des patients. Mais venez, ne les écoutez pas et suivez-moi, voici la vraie visite qui commence.

Montons les escaliers, tournons à gauche, ouvrons la porte. Ici c' est une chambre de protocole. Tu y passes 48 heures en pyjama sans le moindre contact avec les autres. On te laisse là à réfléchir, tout est fermé à clé tu ne peux même pas te changer. Quelques mètres carré, un lit au beau milieu de rien, une fenêtre verrouillée, des arbres au loin. Puis tu sors deux jours plus tard, tu découvres la vie d'ici, la vie qui n'en est pas une, rien qu'une parenthèse, qui peut durer longtemps. Ton vocabulaire s'élargit, on ne parle qu'en langage médical et tu vois de jour en jour de nouvelles techniques pour contenir les gosses en crise. Camisole chimique et sangles au lit, Calmants, menaces et piqûres miracle, tout est bon pour éviter toute tentative de rebellion.

La vérite, voyez vous, c'est qu'ici pour s'en sortir il faut savoir s'imposer en douceur, leur prouver qu'on est capable de faire sans cachets, en fait seuls ceux qui ont gardé leur lucidité peuvent espérer quitter cet univers. Se battre contre soi-même et contre eux, un double combat qui peut aboutir à force de courage et de temps. Lorsque vous sortez de là, vous êtes forcément différent, parfois brisé, parfois plus fort, parfois les deux. Personnellement je ne me suis jamais remise de l'horreur rencontrée entre ces murs, même si j'ai esquivé les coups, la délinquance, la dépendance.

Cependant je dois avouer que sans cette expérience je ne serais sûrement plus en vie aujourd'hui. Je regrette simplement qu'on soit obligé d'en arriver à de telles mesures pour sauver des enfants, qu'on ait gardé au fil des siècles cette idée de "marche ou crève" dans nos sociétés et même au sein de la psychiatrie, et qu'il existe encore en 2009 beaucoup trop d'abus au niveau psychiatrique. Un gosse en larmes mérite-t-il forcément d'être drogué, attaché, menacé et enfermé?

Antares...2006...Vénus...

# Postato domenica 27 settembre 2009 04:34

Modificato sabato 03 ottobre 2009 05:03

On m'a volé mes rêves, on m'a brûlé les ailes.

On m'a volé mes rêves, on m'a brûlé les ailes.
C'était un mardi soir, au mois de Mars et j'avais froid. Je me souviens de ces vêtements devenus trop grands, de ces regards trop insistants. Même pas mal, même plus peur. J'ai gardé le silence pendant des heures, je suis passé de salles en salles, j'ai grimpé sur des balances toutes différentes les unes des autres. J'ai donné mon nom à des personnes qui ne m'ont jamais donné le leur. J'ai fait tout ce qu'ils m'ont demandé mais toujours sans parler. J'étais épuisée, anesthésiée mais j'ai tenu. J'ai même cru qu'ils ne m'auraient pas. Pourtant cette ambulance devant la clinique elle était bien là pour moi. Ils m'ont parlé d'une façon si douce que c'est devenu écoeurant. Je ne les écoutais plus, je ne voyais plus rien, rien que cette ambulance et ma mère si fragile, si fatiguée, si désespérée. Je ne comprenais pas. Quand j'y pense on aurait du me secouer. Vraiment. Me hurler que je n'étais rien qu'une abrutie. Une pauvre gamine pourrie gatée. Une saloperie qui fait souffrir tout le monde. On ne m'a rien dit de tout ça, on m'a transportée comme un vase en cristal à travers toute la ville. Le chauffeur voulait à tout prix faire la conversation. Comme si on allait en vacances. Comme si on pouvait être amis. Mais il a vite compris que son métier faisait de lui mon ennemi. Ne jamais parler à quelqu'un qui vous conduit là où vous ne voulez pas aller. J'aurais du sauter. M'échapper de cette voiture toute blanche et bleue, crier au monde entier que cet homme là voulait m'enlever. Je n'ai rien fait. J'ai attendu sans rien dire que cet interminable trajet se termine. On est arrivés devant une immense ligne de briques, on a tourné et un grand portail en fer s'est dressé. A l'interphone le chauffeur a simplement dit "c'est pour l'admission". C'est moi quoi. Ma mère a suivie, elle m'a escortée jusqu' à l'entrée. Moi, devant cet énorme batisse toute en briques, j'évais juste envie de crever. Ma mère m'a laissé après avoir visité, j'ai pleuré. Je venais de réaliser qu'on m'avait internée.

# Postato venerdì 02 ottobre 2009 14:06

Modificato sabato 03 ottobre 2009 04:45

Même en Enfer, on peut rencontrer un Ange.

Même en Enfer, on peut rencontrer un Ange.
* 2006 *


Notre année. Notre rencontre. Notre combat.


J'oublie pas ton sourire, ta jolie voix, ton regard.

J'oublie pas tous nos soirs, nos promesses, notre espoir.

J'oublie pas tous nos cris, notre rage et nos larmes.

J'oublie pas toute ta force, tes efforts et ton courage.


J'oublie pas ton soutien, notre histoire, ton départ.

Tu me manques. Trois ans déjà sans Toi.

# Postato sabato 03 ottobre 2009 04:53

Modificato mercoledì 04 novembre 2009 13:38

Peut-on souffrir à ce point sans jamais se plaindre? Peut-on espérer encore quelque sourire de cette vie lorsqu'on a été écrasé depuis toujours? Je ne comprends pas comment l'on peut avancer dans ces conditions, avec un tel passé, de telles blessures... Aujourd'hui j'ai compris que la force d'une mère vaut toutes les thérapies du monde. Je la regarde et je me dis que jamais je ne serai aussi courageuse qu'elle. Si fière, si digne et toujours présente, elle est obstinée à garder en elle ses souffrances inacceptables. Peut-être qu'un jour elle se dévoilera, peut-être qu'on en saura plus sur ce passé, sur cet homme, sur cette enfance qui n'a pas été ce qu'elle aurait du être. En attendant certaines choses sont désormais plus claires: Rien de ce qu'elle a traversé n'est du au hasard. Alcoolisme, Anorexie, TS, dépression, Border Line, et tout le reste, tout cela j'en suis sure provient de ce ******* de père qui l'a élevée, ou plutôt rabaissée. Il ne paiera jamais puisqu'il est maintenant au bord de la mort. Est-ce cela qu'elle attend? J'aimerais tant qu'elle parle avant la mort de son père. Je ne veux plus jamais revoir ces larmes de rage sur ses joues, son sang qui s'échappe de ses bras, ni toutes ces bouteilles et l'enfer qu'elles sont censées rejeter. Je ne veux plus de ces ambulances, de cet HP, de ces nuits passées dehors à chanter le plus fort possible pour que la petite n'entende rien. Je ne veux plus avoir à la fuir, la coucher, la voir partir. A défaut d'une justice sur cette Terre, je veux juste que si Dieu existe, il comprenne qu'on ne laisse pas souffrir une femme si droite et courageuse.

# Postato domenica 11 ottobre 2009 03:59